Le photolangage

Description sommaire

Le Photolangage®1 est une méthode enregistrée qui a pour objectif principal de permettre la prise de parole des personnes lorsqu’elles doivent s’exprimer en groupe. Il a été développé dans un contexte d’intervention psychosociale. Nous vous présentons ici notre adaptation de la méthode enregistrée, notre photolangage (pas de ®!) dans un contexte de développement collectif. D’autres méthodes et activités visent le même objectif, bien sûr. Toutefois, la particularité du photolangage réside dans le fait qu’il favorise des processus associatifs entre une image particulière et l’émotion vécue par une personne. La personne est ainsi invitée à prendre la parole en regardant une image, mais la prend par le fait même en se basant sur sa propre émotion, par l’entremise de la symbolisation.

Objectifs Objectifs principaux
de l’outil

  • Déclencher ou amorcer les échanges
  • Se donner des assises communes
  • Explorer et réfléchir collectivement
  • Prioriser et décider ensemble
  • Faire des bilans et évaluer
  • Lire sa collectivité

Étapes Étapes du processus de
planification collective

  • État de situation / diagnostic
  • Vision partagée de changement
  • Planification stratégique
  • Planification des opérations et de la gouvernance
  • Mise en œuvre et suivi
  • Bilan et évaluation stratégique

Les incontournablesLes incontournables pour une rencontre réussie

PrérequisPrérequis

Aucun prérequis

PrérequisMatériel requis

  • Du papier-affiche ou un support visuel électronique pour présenter la question;
  • Votre photolangage.

Taille du groupeTaille du groupe

Petit
2-10

Moyen
10-30

Valeur ajoutéeLa valeur ajoutée

Le photolangage a été popularisé dès 1991 et ne date donc pas d’hier! Mais comme le chante Neil Young : « It’s old, but it’s good ! » C’est bon parce que ça permet à des gens qui ont de la difficulté à prendre la parole en groupe de le faire plus aisément que dans un contexte habituel. Par exemple, Communagir a déjà utilisé cette activité pour faire discuter des adolescents — souvent reconnus pour être peu bavards — dans le cadre d’une tournée sur l’avenir de la jeunesse à la Baie-James. C’est aussi un bon moyen de permettre une première prise de parole plus égalitaire lorsque des citoyens, des professionnels, des experts et/ou des élus doivent entreprendre un travail collectif. Devant une image, et lorsqu’il est question d’exprimer une émotion, tout le monde est au même « diapason » et cela permet, pour tous, une reconnaissance de la valeur de la parole de chacun, peu importe le statut.

 

Sébastien Martineau

Conseiller en développement collectif

PréparationPréparation

Votre photolangage

Si vous désirez approfondir d’un point de vue théorique cette méthode, afin notamment d’en découvrir les fondements psychanalytiques, l’achat du livre pourrait vous être utile. On vous y propose aussi une banque de photographies. Toutefois, si votre besoin se limite à essayer cette activité, il apparaît inutile, à l’ère du numérique, d’acheter le livre.

En effet, l’accès à des sites Internet permettant de télécharger des photographies libres de droits (et donc gratuites) vous sera plus économique (https://www.codeur.com/blog/5-sites-trouver-photos-gratuites/). Attention toutefois! Le choix de vos images (entre 20 et 40, selon la taille du groupe) prend beaucoup de temps et l’impression couleur (nécessaire afin de favoriser la liaison avec les émotions) sur des feuilles 8’’X11’’, n’est pas sans coût. Vos photos peuvent être de différentes natures et représenter différents sujets : des humains, des animaux, des objets, des immeubles, des villes, des planètes, etc. L’important ici est d’avoir une diversité. La symbolisation fera le reste du travail! Il ne faut pas avoir peur de sortir des sentiers battus et de choisir des images plus farfelues!

Toutefois, si le temps est une denrée rare pour vous, voici 112 images utilisables comme photolangage : http://www.yapaka.be/page/photolangage

À vous de juger si elles semblent adéquates pour le thème que vous voulez aborder avec votre groupe.

Votre question

Vous devez d’abord identifier ce sur quoi les participants devront s’exprimer en formulant une question à propos de la tâche à accomplir.
Par exemple :

1. Comment vous sentez-vous face aux défis que vous devez relever collectivement à l’échelle de votre région? Quelle image représente le mieux cette émotion ou ce sentiment?
2. Comment vous sentez-vous face à cette démarche que nous débutons aujourd’hui ensemble? Quelle image représente le mieux cette émotion ou ce sentiment?
3. Au terme de cette journée, qu’elle image représente le mieux votre émotion face au travail accompli?

Avant de débuter, vous devrez afficher les différentes photos au mur ou les disposer sur des tables ou sur le sol afin que l’ensemble des participants puissent y avoir accès et les voir, une fois l’animation entamée.

AnimationDéroulement de l’animation

ÉTAPES

1. Présentation de l'activité (2 min.)

  • La question est affichée à la vue de tous (sur du papier-affiche ou encore à l’écran).
  • Expliquez aux participants qu’ils devront choisir la photo (ou les deux photos) qui traduit le mieux leur émotion en guise de réponse à la question qui leur est posée. Clarifiez qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses à la question : l’important est de dégager les différentes perspectives à l’égard de la question.
  • Il est important de nommer que l’activité a pour but d’exprimer une émotion et non pas une idée, afin de permettre l’expression égalitaire de la parole, peu importe le statut de la personne qui parle. De toute façon, par le biais de l’expression de l’émotion, les participants nommeront aussi inévitablement leurs idées ou leurs opinions.
  • Indiquez le temps dont les participants disposeront (environ 10 minutes) pour déambuler dans la salle afin de voir les photos. Insistez sur le fait qu’ils ne sont pas pressés et doivent prendre le temps de bien regarder chacune des photos pour identifier la photo (sans la prendre physiquement) qui traduit le mieux leur émotion.
  • Exigez que cette partie de l’activité se fasse individuellement et en silence, pour favoriser la symbolisation de l’émotion en image.
  • Vous pouvez déjà annoncer qu’il y aura une période d’échange lorsque la première partie sera terminée.

2. Observation et choix (environ 10 min.)

  • Invitez les participants à se lever pour observer toutes les photos et faire leur choix. Ils doivent revenir s’assoir à leur place une fois leur choix fait;
  • Si certaines personnes reviennent rapidement à leur place, demandez-leur de garder le silence en attendant que les autres puissent terminer l’exercice en silence, à leur propre rythme. 

3. Mise en commun (10-30 min.)

  • Sur une base volontaire, les participants sont invités à expliquer leur choix de photo en regard de la question qui a été posée.
  • Ici, le travail de l’animateur consiste à poser des questions de clarification s’il considère que le participant n’explique pas suffisamment ou clairement en quoi le choix de cette photo spécifique correspond à une réponse à la question.
  • L’animateur doit aussi favoriser l’expression des points de vue divergents, l’objectif n’étant pas ici d’obtenir un accord ou un consensus. Il pourra alors dire : « Ces personnes ont choisi ces photos pour les raisons qu’elles ont nommées. Y-a-t-il des gens qui ont choisi les mêmes images pour des raisons différentes ou encore qui ont choisi d’autres photos, pour exprimer d’autres émotions complètement différentes? ». 

4. Synthèse (5-10 min)

  • Selon les images choisies et les émotions/idées/opinions exprimées, un moment de synthèse de ce qui ressort de l’activité pourra être bienvenue.

              Ex : Quels sont les émotions majoritaires que vous semblez éprouver à l’égard de … ?

              Qu’est-ce que ça nous apprend sur notre relation à … ?
              Qu’est-ce que ça nous apprend sur notre appréciation de … ?

  • Aussi, on peut expliquer, le cas échéant, comment on utilisera ou comment on prendra en considération le travail qui vient d’être fait (pour la suite de la démarche). 

PiègesPièges à éviter

Il est possible que les participants ne nomment pas clairement l’émotion ou le sentiment que symbolise la photo choisie, pour plutôt parler de leurs opinions ou de leurs idées.

Dans la mesure où nous utilisons ici le photolangage dans un contexte de développement collectif et non pas d’intervention psychosociale, il apparaît adéquat que l’animateur n’insiste pas trop sur l’expression de l’émotion dans les réponses des participants, si cela ne correspond pas à une pratique propre à la culture du groupe.

RéférenceRéférence

1. BAPTISE, Alain; BELISLE, Claire; PÉCHENART, Jean-Marie et Claudine VACHERET. Photolangage : une méhtode pour communiquer en groupe par la photo. Paris : Les Éditions d'organisation, 1991, 216 p.

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