Les stocks

Description sommaire

Cet exercice part du principe que si l’on veut se développer de façon durable et responsable, il faut le faire en tenant compte de ce dans quoi on est, mais également de ce qu’on a. Il s’agit d’un exercice de lecture permettant à un groupe de comprendre les capitaux (sociaux et humains, politiques, économiques, naturels) dont il dispose pour réaliser un changement. Cette lecture permet ensuite de cadrer ce qu’on souhaite préserver ou acquérir collectivement.  

Objectifs Objectifs principaux
de l’outil

  • Déclencher ou amorcer les échanges
  • Se donner des assises communes
  • Explorer et réfléchir collectivement
  • Prioriser et décider ensemble
  • Faire des bilans et évaluer
  • Lire sa collectivité

Étapes Étapes du processus de
planification collective

  • État de situation / diagnostic
  • Vision partagée de changement
  • Planification stratégique
  • Planification des opérations et de la gouvernance
  • Mise en œuvre et suivi
  • Bilan et évaluation stratégique

Les incontournablesLes incontournables pour une rencontre réussie

PrérequisPrérequis

  • Avoir précisé le changement qui nécessite une compréhension des stocks.

PrérequisMatériel requis

  • Le modèle de cartographie fait à la main sur du papier affiche ou imprimé sur format plan
  • Crayons-feutres et stylos
  • Post-it

Taille du groupeTaille du groupe

Petit
2-10

Moyen
10-30

DuréeDurée de l’animation

60-120 minutes

Valeur ajoutéeLa valeur ajoutée

J’adore l’idée de pouvoir intégrer, dans une animation efficace, un des principes du développement durable. Cet outil permet aux participants de prendre conscience des acquis et leviers dont ils disposent ou non sur leur territoire pour ensuite faire des choix responsables et en toute connaissance de cause. De plus, on associe souvent les capitaux ou stocks au monde économique, mais cet outil permet de réaliser et nommer que toute autre ressource peut être limitée, notamment les ressources humaines, et qu’il faut aussi les protéger!

François Gaudreault
Conseiller en développement collectif

AnimationDéroulement de l’animation

Étapes

1. Mise en contexte (5 min)

Avant de commencer l’activité, présenter aux participants dans quel contexte on s’apprête à réfléchir collectivement (ex. planification stratégique.). Nommer que l’objectif de l’activité est de planifier, de façon responsable et réaliste, en procédant à l’inventaire des acquis et des leviers présents sur le territoire. Puis d'identifier collectivement ceux qui doivent être protégés, mieux utilisés, ou développés. À partir de cette lecture, il sera ensuite plus facile de faire des choix réellement stratégiques.

2. Camper le changement (5 min)

Nommer qu’au cœur de cette réflexion se trouve le changement que l’on souhaite réaliser collectivement. Mentionner ce changement et l’afficher sur un mur. Si le changement n’est pas identifié, nous vous suggérons de faire un exercice préalable en utilisant un des outils suivant:

3. Présenter le modèle pour réfléchir les stocks (10 min)

À partir du modèle de cartographie fait à la main sur du papier affiche ou imprimé sur format plan qui sera installé au mur, présenter les différents types de stocks :

  • Le capital humain et social :
    • Humain : ce qui a trait aux capacités des individus (les savoirs, les expériences, les compétences et les expertises des personnes).
    • Social : ce qui a trait aux relations humaines (la présence de liens sociaux riches, les réseaux sociaux, le sentiment d’appartenance, la capacité à travailler ensemble et à s’entraider, etc.).
  • Le capital politique : ce qui a trait à des politiques existantes ou à la capacité d’influencer  (mesures, décideurs, leaders ou personnes influentes engagées, etc.).
  • Le capital économique et manufacturé : ce qui est créé par l’homme et peut être échangé (financements, infrastructures, équipements, transport, mesures, etc.).
  • Le capital naturel : l'écosystème, incluant ses ressources renouvelables et non renouvelables (espaces verts, lacs et rivières, gisements, etc.).

4. Inventorier les stocks (30-45 min)

Tout d’abord, mentionner aux participants qu’ils devront non seulement inventorier les stocks, mais également estimer en quelle quantité ces stocks sont à leur disposition. La façon la plus facile de le faire est en utilisant un code de couleurs:

  • Stocks verts : bien présents sur le territoire
  • Stock jaunes : présence limitée sur le territoire
  • Stock rouges : très peu ou pas présents sur le territoire

Chaque stock pourrait être écrit avec un crayon-feutre ou sur des post-it représentant ce code de couleurs.

Voici maintenant trois façons d’animer cette étape de l’activité :

  • En grand groupe
    Si le groupe est petit (jusqu’à 10 personnes), il est possible de faire l’exercice avec l’ensemble des participants.  Ainsi, chacun des participants peut nommer un stock et tenter de lui donner une couleur.  Les autres participants peuvent apporter leur propre point de vue sur ce stock. Ainsi, quand le groupe s’entend, l’animateur peut inscrire le stock dans le bon quadrant avec la bonne couleur.
     
  • En petits groupes – une équipe par quadrant
    Diviser le groupe en quatre équipes de 3 à 6 personnes (1 équipe par quadrant).  Ainsi, chaque équipe s’auto anime et doit inventorier les stocks de son quadrant et les inscrire sur l’affiche au mur. (20-30 minutes)
    L’animateur demande ensuite à un représentant de chaque équipe de présenter une synthèse du fruit de ses travaux. Les autres participants peuvent alors questionner et ajouter des éléments manquants. (15 min)
     
  • En petits groupes – tournée des quadrants
    Diviser le groupe en quatre équipes de 3 à 6 personnes. Octroyer un quadrant par équipe pour la première ronde, où ils auront à inventorier les stocks et les inscrire sur l’affiche au mur (10 minutes).  Après la première ronde, octroyer un quadrant différent à chaque équipe qui devra s’approprier les travaux de l’équipe précédente et bonifier les travaux.  On procède de même avec les rondes 3 et 4. Après l’exercice, chacune des équipes aura travaillé sur les quatre quadrants.
    L’animateur demande ensuite à un représentant de chaque équipe de présenter une synthèse du fruit de ses travaux correspondant au dernier quadrant sur lequel elles ont travaillé.  Les autres participants peuvent alors questionner et ajouter des éléments manquants.

5. Cadrage (20-30 min)

Pour chacun des quadrants, l’animateur demande aux participants :

  • Qu’est-ce que ça nous apprend sur nos façons de faire?
  • Qu’est-ce que ça implique?
  • Qu’est-ce qui doit être protégé dès maintenant pour ne pas épuiser nos acquis et nos leviers?
  • Qu’est-ce qui pourrait être utilisé et qui ne l’est pas actuellement?
  • Qu’est-ce qui devrait être développé, créé?
  • Qu’est-ce qui n’est pas là et qui devrait idéalement y être?

6. Identifier le prochain pas (5 min)

Mentionner les prochaines étapes de la réflexion et en quoi les résultats du présent exercice seront utiles et utilisés.

PiègesPièges à éviter

Un des pièges serait que l’animateur ou une personne fasse l’exercice pour tout le groupe et seulement présenter les résultats par la suite. L’exercice en soi permet de construire une compréhension commune et facilite ensuite l’adhésion aux choix qui en découleront.

Ou encore, faire l’exercice sans camper ou préciser le changement visé. Ainsi, la réflexion risque de manquer de sens et d’intentionnalité.

Suggestion et varianteSuggestions et variantes

Il est possible d’enlever un quadrant si ce n’est vraiment pas en lien avec le changement visé (ex. capital naturel) pour le remplacer par un quadrant d’une autre nature (ex : capital culturel, capital juridique) ou en divisant le capital humain et le capital social en deux quadrants distincts.

Aussi, cet outil peut bien préparer une réflexion sur Les rôles potentiels d’un acteur collectif. Ainsi, cette réflexion se fera à partir des acquis et des leviers de la communauté, de façon ancrée, plutôt qu’elle se fasse à partir des souhaits des participants, certes légitimes, mais ne traduisant qu’une partie de la réalité.

RéférenceRéférence

Inspiré de Knoepfel et Nahrath (2005), des travaux de la Banque Mondiale, du concept de « durabilité » développé par l’OCDE (1993, 1998) et sur certains travaux de Statistique Canada (2001).

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